17 juil. 2009

Une vision prospective de l'économie et la société numérique

le 8 juillet dernier, NKM a reçu des mains d'Alain Bravo (directeur général de l'école Supelec) le rapport "société et économie à l'aune de la révolution numérique" réalisé avec le soutien du Centre d'Analyse Stratégique.
Alain Bravo présidait la Commission qui a travaillé depuis avril 2008 sur cette approche prospective visant à établir une grille de lecture des enjeux et perspectives de la société française aux horizons 2015 et 2025.

je ne reviendrai pas sur le document lui même, dont le CAS a publié une synthèse et un communiqué de presse assez bien faits (tout est disponible à cette adresse: http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=999).

il semble que la partie recommandation ne soit pas une procédure fréquente dans les rapports de prospective, plus souvent limités à l'exposition des tendances et orientations, dixit le directeur général du CAS lors de la remise.
Si ces recommandations font déjà l'objet de querelles entre experts sur leur pertinence et leur caractère plus ou moins orientées par des lobbys parties prenantes à la commission (querelles somme toutes classiques dans tout travail collectif...), il ne faudrait pas limiter la portée globale du travail à celles-ci.

A mon sens, ce travail a le mérite d'appliquer une méthodologie explicite de prospective sur un domaine considéré généralement comme trop vaste être traité de manière globale.

Certes, sur un sujet aussi complexe et large que l’économie numérique, tout travail de prospective apparaît délicat tant les facteurs de différenciations des futurs possibles sont nombreux. Le rythme rapide d’évolution des TIC renforce également les doutes quant à la capacité des membres de la commission à définir des scenarii pertinents à l’horizon 2025.
Mais le choix de macro-scenarii qualitatifs permet d’englober en partie les imprécisions inhérentes au sujet et à la projection et rend donc intéressant le travail.

En outre, il s’agit du seul travail de prospective transversale, effectué sur les sujets numériques, dans une perspective d’action publique. La méthode de scenarii, pour frustrante qu’elle soit sur la justification des options retenues, permet d’envisager des tendances différentes, qui correspondent à des hypothèses crédibles d’évolution de la société française.

bref, ce travail a le mérite d'exister et de poser les bases de discussions et d'orientations politiques possibles.

Lors de la remise, NKM a salué le travail réalisé (classique...), a reconnu que les recommandations dépassaient nettement son champ et ses moyens d'intervention (moins classique de la part des politiques, mais elle est maintenant connue et appréciée pour son approche directe).
Elle a enfin indiqué que ce travail pourrait servir de grille d'analyse pour évaluer la pertinence des projets liés au numérique qui vont affluer dans le cadre du "grand emprunt national" qui agite tous les acteurs publics ou para-publics depuis peu... je crois que c'est là une des applications les plus pertinentes qui puissent être faite de ce travail dans le contexte actuel: il est illusoire d'imaginer que NKM serait en mesure de mettre en oeuvre des recommandations qui touchent le coeur d'action de ses collègues ministres et tous les politiques sont focalisés sur le court terme que représentent les projets à faire financer par l'emprunt.
Reste maintenant à obtenir que cette grille d'analyse à long terme soit réellement et systématiquement utilisées pour les projets de l'ensemble des ministères...

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