Nul n'ignore à présent que la crise financière, née outre-atlantique, s'est désormais transformée en une réelle crise économique qui impacte les uns après les autres des secteurs d'activités interconnectés et interdépendants, ne serait-ce que par les conséquences des dévalorisations boursières de leurs acteurs clés. Le moral des chefs d'entreprises est en berne et l'origine bancaire de la crise fait converger l'ensemble des analyses sur une période de crise de 18 à 24 mois minimum.
Le secteur TIC n'échappe naturellement pas à la morosité ambiante, à l'exception notable de Google qui affiche des résultats d'une quasi-insolence: les valeurs boursières sont malmenées et les plans de restructuration s'enchainent (mais le rythme de ceux-ci était-il franchement moindre auparavant???).
L'exception Google est toutefois significative des opportunités (ou risques, selon le point de vue) de mutations profondes que vit toute organisation en période de crise: la contraction des budgets publicitaires en période de crise donne dorénavant la priorité aux supports online sur les supports offline qui font les premiers les frais de ces difficultés.
De tout temps, des acteurs ont su tirer parti des périodes de crise en s'adaptant plus vite ou mieux aux modifications de leur environnement. Il s'agit souvent d'une capacité de réflexion stratégique de leurs dirigeants qui ont vu une opportunité là où la majorité des acteurs voyait un risque.
En termes de développement des usages numériques, comment se traduit cette observation?
Bruno Lanvin, directeur exécutif du eLab de l'INSEAD, a apporté une réponse intéressante lors du séminaire du réseau eBSN soutenu par la Commission Européenne le 13 octobre dernier. Les TIC peuvent en effet représenter un outil de management contra-cyclique, particulièrement adapté en période de crise.
De fait, ces outils ne se contentent pas de permettre le développement de l'activité des entreprises mais ils offrent également de fortes possibilités de réduction des coûts pour l'entreprise qui saura les utiliser à bon escient. Et, justement, l'élément clé tient dans l'usage optimal des outils, souvent négligé une fois l'investissement initial réalisé (autrement dit, une fois l'équipement déployé).
En période de crise et de réduction des capacités d'investissement, beaucoup d'entreprises ne seront pas en mesure de réaliser les investissements nécessaires pour moderniser en profondeur leurs systèmes d'information, mais la plupart disposent déjà d'une « réserve » de compétitivité par un usage non optimal de leurs outils TIC déjà en place.
Ceux qui sauront profiter de cette période d'instabilité pour remettre en cause leurs processus et exploiter leurs outils au maximum de leurs possibilités par un meilleur usage, tireront des avantages compétitifs sur leurs concurrents.
Chaque situation est naturellement spécifique mais il s'agit souvent d'évaluer l'ensemble des potentiels d'usage offerts par les outils TIC et impliquer l'ensemble des acteurs concernés au sein de l'enterprise dans la redéfinition des processus correspondants.
En somme, la période actuelle de crise va redistribuer certaines cartes et l'usage optimal des outils TIC en fait partie. Parce que certains avantages compétitifs peuvent émerger d'un meilleur usage des outils déjà présents dans l'entreprise, le facteur clé va résider dans la capacité des dirigeants à repenser l'organisation de leur entreprise et à impliquer les acteurs de l'entreprise dans un usage réel et partagé des outils.
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